Biographie d’Emilie de Breteuil

Gabrielle-Emilie le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet-Lorraine (1706-1749), est issue de la grande famille des Breteuil, qui donna deux ministres à La France et dont les actuels descendants retracent avec bonheur, dans leur château, les moments les plus glorieux.

Pour des générations d’élèves, nourris de "Lagarde et Michard", elle ne fut que Mme du Châtelet, égérie de Voltaire, vivant dans l’ombre du philosophe. En 1983, Elisabeth Badinter en fit "Emilie", dans un très beau livre consacré, au travers de la destinée de deux femmes, à l’ambition féminine au 18ème siècle.

En effet, dès sa plus tendre enfance, elle fît vœu de devenir savante. Dans le salon de ses parents, petite fille encore, elle put côtoyer Fontenelle, Rousseau, et bien sûr Voltaire. On y parlait poésie, théâtre, astronomie et physique.
Encouragée par ses parents qui lui donnèrent une éducation exceptionnelle, Emilie lit à 17 ans Locke dans le texte, et se passionne surtout pour la métaphysique et les mathématiques.

Pourquoi ce choix pour notre établissement ?

Notre lycée, à vocation polyvalente, se devait de choisir un patronyme symbolisant la culture classique et les sciences. Les deux sont réunies chez elle, nourrie de la Philosophie des Lumières, elle consacra sa vie aux Mathématiques, et passa les 4 dernières années de son existence à traduire les "Principes Mathématiques" de Newton dont la dernière édition de 1966 porte encore son nom.

Cette femme passionnée, à la vie turbulente, fût constamment habitée par l’idée de laisser à l’Histoire, une oeuvre de qualité, à la mesure de son travail acharné.
Sentant venir la mort, sa dernière pensée fut pour son manuscrit inachevé. Elle le réclama, y écrivit d’une main tremblante, la date "10 septembre 1749", puis s’éteignit.

Longtemps mésestimée, nous voudrions faire oeuvre d’histoire en contribuant à la faire davantage connaître, et en lui redonnant son nom "EMILIE DE BRETEUIL".
En 1740, elle fait paraître un ouvrage sur Leibnitz. Dans la préface adressée à son fils, nous pouvons lire :
"J’ai toujours pensé que le devoir le plus sacré des hommes était de donner à leurs enfants une éducation qui les empêchât, dans un âge plus avancé, à regretter leur jeunesse".

A méditer...